Réflexions

La croyance mapuche (selon différentes sources orales et selon ce que j'ai retenu) :


Le peuple mapuches est donc un des 18 peuples indigènes qui habitaient les terres chiliennes avant la colonisation et survit encore aujourd'hui grâce à la lutte qu'il a toujours mené pour préserver ses terres, ses droits et son identité. Il n'empêche qu'aujourd'hui malheureusement, la culture s'est beaucoup perdue et il ne reste probablement qu'une toute petite partie de la sagesse de jadis..
Pour les mapuches, toute chose vit, et possède une énergie propre. Toute chose doit par conséquent être respectée comme il se doit. Les mapuches appellent cette vie ou énergie "newen" (force, esprit) Chaque humain, chaque animal, chaque arbre, en possède un. Chaque newen est différent, certains sont plus forts, d'autres possèdent certaines caractéristiques particulières, ce qui cree la diversité. Et chacun est appelé à exprimer son newen, et à se rendre util via les dons qu'il reçoit de celui-ci. Ainsi, les machis reçoivent leur don, et un appel d'être machi dès l'enfance, et tant qu'ils ne terminent pas leur initiation machi, leur newen ne les laissent pas en paix. On dit qu'un newen de machi qui ne s'exprime pas, peut aller jusqu'à tuer le corps dans lequel il vit.. Et bien que la reaction soit plus forte pour les machis (due a la puissance du newen), chacun a quelque chose à faire dans ce monde, et doit chercher ce que c'est, sous peine de voir aussi son newen le faire souffrir. Quand l'enveloppe physique dans lequel le newen résidait meurt (arbre, humain..), il revient faire partie de l'ensemble des forces spirituelles du lieu en attendant qu'un corps approprié se présente. On dit qu'un newen peut rester ainsi des millénaires à attendre la bonne personne, le bon animal. Certains machis arrivent à détecter où résident les puissants newen d'ancêtres ou d'animaux disparus. A ces mêmes endroits, se construisent les totems.
L'eau, les montagnes, les étoiles, eux aussi possèdent un newen. Les mapuches appellent ces entités vivantes ngen. Les ngen possèdent des newen très puissants et chaque lieu où se ressent la vie est habité par un ngen. Autrement dit, le lieu est vivant, à une vie personnelle (bien que difficile à imaginer pour nous occidentaux), et doit être respecté. Ces ngen sont maitres des lieux sur lesquels ils règnent. Chaque créature qui désire y entrer doit demander la permission en faisant ce qu'on pourrait appeler une petite prière. Aller savoir comment le ngen va répondre mais si rien ne se passe, c'est qu'on peut entrer.
Tous ces newen peuvent être invoqués lors de prières, de méditations, ou lors de grandes cérémonies. Il semble que jadis il y en avait de nombreuses différentes mais aujourd'hui les mapuches chez qui j'ai vécu se rassemblent seulement une fois tous les 4 ans (et en de rares occasions exceptionnelles) pour célébrer ce qu'ils appellent un guillatun. C'est une célébration pour demander quelque chose (la paix, l'indépendance du peuple mapuche, la fin de la sécheresse...) au cours de laquelle un machi entre en trans, et où un newen de jadis vient parler au travers du machi. On dit que son expression et sa voix change complètement, et que le machi se met à parler en utilisant des mots d'un mapudungun (langue mapuche) très ancien. Le machi n'est pas conscient, c'est un traducteur qui a étudié le mapudungun antique qui prend note des précieux conseils des esprits des ancêtres. Il doit être attentif parce que le newen ne répète rien. Grâce à ce contact direct avec les esprits des ancêtres, ce peuple a pu lutter et résister durant de nombreuses années avec des armes primitives contre la toute puissante armée espagnole. On dit qu'ils pouvaient prévoir d'où allait venir les attaques, et ainsi avoir un pas d'avance sur l'adversaire. Mais la poudre était plus forte, d'autant plus que la stratégie mapuche souffrait d'un défaut: La dépendance des machis. Les espagnols les ont traqués, et les ont presque tous tués sous prétexte de sorcellerie... Et une grande partie de la sagesse mapuche est partie avec eux..

 

Bon la cuisine de l'ame c'est quoi?

C'est bien sur tout d'abord manger de la nourriture saine. Mais ca va beaucou plus loin que ce que les nutritionistes occidentaux disent. Voici en trois points un bref resume de la chose :
Premièrement, elle dit que les aliments ont un champ d'énergie vitale qu'il faut préserver. Car on est nourri de molécules mais aussi d'énergie vitale. Il y a toute une pseudo science a ce sujet : Mettre un aliment au micro-onde désorganise complètement ce champ et le tue, le cuisiner a forte température le diminue considérablement (mieux en dessous de 40*), et l'énergie s'en va avec le temps, bien meilleur mes aliments frais. Les animaux perdent leur énergie vitale dans les heures qui suivent leur mort, aussi elles déconseillent la consommation de viande. La nourriture industrielle ne possède, en général, plus d'énergie vitale. Energie vitale = orgone = qi.
Deuxièmement chose, selon l'Ayurveda, médecine indienne, chaque personne selon sa constitution possède un certain déséquilibre d'éléments (air, feu, eau, terre, ether) provoquant les maladies. Ce sont des éléments représentatifs, aussi pour elle, il n'y a pas de contradiction avec la science. D'ailleurs, il se pourrait qu'un jour, sous d'autres termes, la science arrive à la même conclusion. Les aliments apportent chaque fois plus d'un certain élément (faut étudier l'ayurveda pour savoir les caractéristiques de chacun). L'objectif pour ceux qui ont trop de feu, et pas assez d'air, c'est de consommer le moins possible des aliments apportant beaucoup de feu, et plus de ceux qui donnent de l'air. Tout est question d'équilibre. Dans le cas contraire, le déséquilibre va s'accroitre jusqu'à au final provoquer une maladie, qui serait juste un symptôme d'un déséquilibre global.
Troisièmement : Pour elle, il est indispensable que la nourriture soit produite, préparée et consommée dans la bonne humeur, le respect, et sans mauvaise pensée. Le contraire pourrait faire naitre des toxines même des meilleurs aliments. A chacun d'appliquer cela à sa manière.
Voila voila, interro le 29 juin (ou dans ces eaux la, la date exacte reste encore a fixer) sous forme d'un buffet geant ou tout le monde doit apporter son plat (bon et comme les cours n'ont pas ete tres coñplets, vous etes autorises a ne pas tout a fait les respecter a une condition : que ca soit trop bon!!)

 

6 mois : Le bilan

Le temps est passé bien vite et me voilà déjà aux portes de l'aéroport près à prendre un avion qui m'emmènera à des milliers de kilomètres du Chili. Mais 6 mois de vie ainsi, ça laisse pas inchangé... Petite vision rétrospective de tout ça.
D'abord pourquoi voyager et pourquoi Chili?
C'est sans doute une des questions qu'on m'a le plus posé ici (par réel intérêt ou juste pour faire la conversation, je sais pas), ca pourrait donc être intéressant d'y répondre maintenant. En fait, l'idée du voyage est née dans ma tête en tout début de rheto, je dirais exactement mi-octobre (le 17 à 14h33). En ce temps là, je galérais pas mal à l'école et dans la vie en général. C'était la première fois que les cours commençaient vraiment vraiment à me déprimer. Les choses étaient de plus en plus compliquées (surtout en math, branche qui m'avait jusqu'alors passionnée), et paradoxalement, j'en voyais de moins en moins l'utilité. Bref, début des difficultés qui allaient durer durant toute l'année... De là, j'ai commencé à me dire que ça n'irait pas d'étudier ingénieur l'année d'après, ce serait foncé droit dans le mur. Et puis, j'étais plus vraiment sur de vouloir faire ça avec ces maths incompréhensibles qui arrivaient. Et l'idée de voyager est venue ainsi naturellement. Plus j'y pensais, plus ca me semblait une bonne idée. Ca permettrait d'apprendre une langue, d'ouvrir sa vision sur le monde et de se prendre en charge, choses que je croyais très importantes pour l'avenir, et que je crois toujours d'ailleurs. En plus, ça m'enlevait la terrible pression de devoir, en une décision, choisir une grande partie de mon existence. En tout cas, ça la reportait. Maintenant fallait trouver comment.. Si c'était avec un organisme, fallait vraiment se dépêcher, si je me souviens bien, c'était pour décembre ou janvier que fallait remettre sa demande.. Mais faire une deuxième rheto était quasi exclu, pas envie d'endurer plus le système éducatif, qui pour moi était et reste toujours (presque) vide de curiosité, de créativité et en général d'intérêt... Et justement, comme tombé du ciel, ma mère (ma maman chérie :d) me ramena un carnet de voyage du fils d'une amie d'une amie ou je sais plus trop. Quoi qu'il en soit, le livre était génial, il faisait rêver. Le gars en question était parti avec un peu plus de 1000€ en poche à parcourir les Balkans puis une bonne partie de l'Asie. A 18 ans, avec juste son sac à dos et sa tente! (si vous êtes intéressé de partir après la rheto, faut le lire!). Moi, je voulais faire pareil. Oui mais est-ce que j'y arriverais?? Toquer chez les gens pour dormir dans leur jardin, voyager tout le temps sans connaitre personne, se prendre en charge complètement, affronter les dangers présents dans l'aventure... En parlant du voyage autour de moi, j'ai appris qu'il était possible de voyager tout en travaillant comme volontaire chez les gens avec une organisation qui s'appelle Wwoof (j'ai appris entre temps que ça pouvait aussi se faire avec workaway ou helpex  qui d'après certains sont mieux, pour ceux que ça intéresse). Restait à trouver le lieu. J'avais déjà en tête depuis le début l'Amérique Latine pour les "stéréotypes" qu'on a un peu d'eux (que j'avais d'eux). Des gens tous très joyeux, qui invitent l'étranger, qui vivent d'une manière un peu indigène, simple, loin de tout les problèmes qu'on peut avoir chez nous, une culture on l'où chante, on rit, on danse, ou il y a des jolies filles partout... Des pays tropicaux, avec des merveilles au niveau de la nature, des plantes, des fruits... De l'espagnol, langue magnifique... Bref, tout un monde enchantant à découvrir. Je pensais au début à l'Argentine, comme ça, parce que ça me disais bien. Mais en parlant du projet, les gens m'ont dit que c'était pas très sur comme pays, qu'il fallait être très prudent (chose plutôt fausse pour ce que j'en ai appris des voyageurs et argentins que j'ai croisé). Enfin bref, j'ai finalement choisi le Chili, plus sur, très beau de ce qu'on m'en disait et facile pour voyager. Pas besoin de faire trois mille plans de voyage, pour moi ce serait du sud au nord en six mois. Et les préparations s'arrêtaient là... J'avais acheté des bouquins pour apprendre l'espagnol mais ma situation personnelle et scolaire difficile m'obligeait à consacrer le temps à d'autres choses... Le voyage au frigo jusqu'à fin juin, et on verra bien à ce moment là si j'ai réussi, et si l'envie est toujours là. Avec ça, je suis arrivé début août sans avoir avancé sur le projet. Pas de billets d'avion, presque pas un mot d'espagnol, pas d'idée réelle de comment voyager, pas de contacts.. Tout pouvait encore être annulé, puisqu'au final il n'y avait rien sinon un rêve. J'ai douté à ce moment là, est-ce que j'avais vraiment envie de partir? Est-ce que je saurais? Et d'un autre côté il y avait : Mais je fais quoi si je pars pas? Et finalement je me suis dit qu'il fallait que je parte. J'ai acheté le billet d'avion fin août et c'est seulement à partir de ce moment là (ce moment où enfin le voyage a pris un peu de concret) que je me suis réellement mis à le préparer: Espagnol, permis conduire, matériel, contacts, comment se débrouiller en voyageant... En fait, paradoxalement, comme je savais qu'après ça allait être la grande aventure, j'ai voulu, sous le coup du stress surement, préparer au mieux du mieux le voyage: J'ai recherché pendant des dizaines d'heures le meilleur matériel, les meilleurs conseils pour voyager, ai parcouru des dizaines de blogs, j'ai appris du mieux que je pouvais l'espagnol pendant deux mois (et sans mentir, mon espagnol en partant était supérieur à mon néerlandais, malgré 10 ans d'études à l'école), ai recherché le plus de contacts (bien que ça ne m'ai pas trop résulté finalement). Après, j'ai eu la chance de connaitre à Osvaldo, un chilien de la paroisse, qui m'a aidé à trouver le premier contact, à me dire ce qu'il y avait d'indispensable à voir au Chili et à me mettre en contact avec un correspondant colombien pour pratiquer l'espagnol. Et la suite vous la connaissez déjà. Le 19 octobre, je prend un premier avion, direction Barcelone, pour commencer en douceur avec l'espagnol (je regrette absolument pas, ce fut déjà assez compliqué au début), avant de prendre l'avion pour Santiago, un peu stressé (Emma, ma tante pourra confirmer). Le lendemain, j'atterris seul sur un autre continent. C'était il y a six mois.
Maintenant, que retirer de ce voyage? Que garder du Chili? Quels souvenirs marquants?
Celle là on me la pas posé une seule fois je pense. On m'a plutôt dit: Oh tu dois vivre des expériences magnifiques, tu dois surement avoir un autre regard sur le monde, tu dois avoir appris des tas de choses. Alors vrai ou pas?
En fait.. OUI!!
Ici un message que j'ai un jour écrit à un ami et qui me parait résumer assez bien la chose :
"Je vis la vie comme un bateau naviguant sur un fleuve tranquille en le remontant chaque jour en peu plus vers sa source. Chaque experience que je vis, chaque personne que je rencontre, chaque paysage que je vois m'ouvre un peu plus l'esprit, et me donne l'envie de pagayer plus pour continuer cette recherche de sens qui se fait chaque jour plus forte. Je pense déjà avoir fort changé même si au fond je navigue toujours dans les mêmes eaux.
Bon ça c'était la partie un peu phylo-mistique du message. Je t'avoue que ça va plutôt bien, même si bien sur a certains moment, j'ai des passages un peu moins bon. Mais je regrette pas du tout d'être parti. C'est surement la meilleure décision que j'ai jamais prise dans ma vie. Ici j'ai appris des tas de trucs, surement bien plus de choses que j'ai appris durant toutes les humanités. A commencer par l'espagnole, que je maitrise maintenant très bien. J'ai aussi appris à travailler manuellement, et outre toutes les compétences (récolter des patates, des poids, planter, traire les vaches, cuisiner, tondre des moutons, garder des animaux, utiliser tronçonneuse, scie électrique, aménager une pièce, faire son isolation, et bien d'autres trucs), j'ai surtout appris une mentalité de travail (prendre des initiatives, être sur de soi, mais observer, et apprendre de celui qui sait plus, que rien n'est impossible, que tout peut s'apprendre, et que le résultat est beaucoup plus question de mentalité, de passion et de pratique que de talent...). J'ai aussi pu remettre en question beaucoup de choses, notamment la société et la manière de vivre des gens, mais j'attendrai de pousser un peu plus mon résonnement avant de t'en parler. Mais surtout je me découvre chaque jour un peu plus. Je me connais beaucoup mieux, j'écoute mon corps, j'écoute la vie qui coule en moi et en toute chose (...). Enfin, ce voyage est une énorme prise de conscience. Conscience du cadeau qu'est la vie, qu'il peut s'en aller a tout moment, conscience du dieu qui nous entoure, conscience de la beauté de la nature et de la vie mais aussi conscience de la mentalité pervertie de beaucoup d'humain, du non-sens de la société, du caractère pervers de l'argent, ainsi que de sa valeur, de la lutte qu'est la vie, du confort et de l'éducation (et paradoxalement de l'ignorance de la réalité du monde) dans lesquels nous vivons, de l'isolement, de la souffrance de beaucoup de gens. Conscience que c'est en le voulant vraiment et en trouvant les bonnes personnes qu'on arrive a quelque chose, conscience que c'est en agissant que les choses se font, et qu'aucune action n'arrive sans qu'on soit poussé a sortir de son petit confort. 
Je viens de nouveau de te déballer un truc un peu philosophique. Bah c'est que je suis la dedans, deso je peu pas faire sans. 
Mais t'inquiète qu'outre tout ça, je profite a fond du voyage, des lieux, des rencontres, de chaque instant en fait. Que je ris bien, que je me suis fait pleins de potes, même si, c'est clair, c'est pas la même chose que les bons vieux copains de Belgique.
Voila voilà, on se revoit dans trois mois, plus précisément le 29 juin a 8h35 (enfin je sais pas si on se reverra a ce moment la mais c'est l'heure a laquelle arrive mon avion)"
Vous l'avez deviné, je repars avec encore plus de résonnements, une certaine débrouillardise ainsi que quelques compétences de travail, et bien sur une tonne de souvenirs dans la tête et d'amis dans le coeur.
Pour conclure, j'aimerais vous dire une chose que j'ai remarquée :
Le voyage c'est vraiment merveilleux.. Mais ce qui est le plus merveilleux dans le voyage, c'est la mentalité voyageur. Cette curiosité de découvrir, cette soif de nouvelles expériences, cette envie de rencontrer, ce fait de vivre chaque instant pleinement, de s'émerveiller de chaque chose qu'on voit, de se laisser porter par la vie plutôt que de chercher à la contrôler... Et j'ai une bonne nouvelle, cette mentalité, pas besoin d'aller à l'autre bout du monde pour la cultiver, ce peut très bien être dans sa petite ville!! 
Voila voila, j'espere que vous aurez apprecie suivre mon voyage durant 6 mois, plus que 2 avant qu'on se revoit
A bientôt

Commentaires

super expérience!

Hey!
Je viens de voir ton lien sur Facebook et de parcourir ton blog t'as l'air d'avoir vécu et de encore vivre une super expérience!
Ce petit message pour dire que je partage tout à fait avec toi ce que tu as dit sur ton voyage, ce que tu vis, c'est vraiment une super manière de l'exprimer, je n'aurais pas pu mieux trouver les mots.
Anyway... Profite à fond de tes derniers mois (ce que je suis sûre que tu feras).
Bisous
Cecilia

P.S: je viendrais sûrement de demander des petits conseils sur le Chili quand j'irais... :)

Re: super expérience!

Salut salut,

Je viens de voir ton message,
Merci ça fait plaisir.
Je sais pas quand tu comptes partir mais en tous cas je te souhaite déjà un super voyage ;)

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