Quatorzieme étape (18-25 mar) : Concepcion
Quand j'arrive à Concepción après une longue journée de stop, il est déjà tard, et je ne sais absolument pas où loger. Après quelques recherches je trouve un petit hôtel sympa à 40€ la nuit! Beaucoup trop pour moi.. Mais me demander pas comment, j'arrive finalement à rester là pour 15€. Le matin, au petit dej, je rencontre un couple d'avocats chiliens, ma foi fort sympathiques. On discute longuement de différentes thématiques. J'adore faire ça maintenant. Chaque jour ma vision du monde s'enrichit de toutes les discussions et expériences que j'ai la chance de vivre. Après ça, je part pour le centre de la ville, à découvrir un peu. Je suis pas attendu avant 18h chez les Jésuites, il va bien falloir trouver quelque chose à faire. Je rencontre dans la ville un chouette type, un peu bizarre mais sympa. Il vit seul, et on sent qu'il en souffre.. Il croit plus beaucoup en la vie. Je passe la journée avec lui, en discutant. En fin d'aprèm, je me dirige finalement vers la maison des Jésuites. Super bien accueilli là-bas. Bonne ambiance, pas du tout le cliché du vieux curé ennuyeux et moralisateur, ces Jésuites rigolent tout le temps, chantent, regardent la tv. En mode bon vivant. Je dors bien bien. Le lendemain, ils savent pas trop quoi faire de moi, alors un d'entre eux m'accompagne et va voir dans différentes organisations si ça leur serait utile un petit volontaire belge. Finalement, c'est ok pour aller aider les personnes âgées pauvres, isolées et sans famille. Le soir, avant ça, je vais aider comme volontaire dans un endroit ou ils accueillent les sans abris pour la nuit. Je me fait un bon copain la bas. Un grand père de 60 ans, avec de la connaissance et la sagesse mais que la vie a vraiment traité avec dureté. Je m'amuse bien aussi avec mes autres volontaires présents et je prolonge même avec eux en faisant ce qu'ils appellent une route. C'est charger une camionnette de provision et aller les donner aux quatre coins de la ville à tous les gens vivant dans des situations critiques. Et leur réalité est vraiment différente de la notre.. Mais j'aime pas trop cette vision de donner ainsi tout les jours de la nourriture. Avec ça, les gens se complaisent encore plus dans leur misère et cherchent encore moins à lutter. Pour moi, c'est très beaux, c'est bien parce qu'il y a de l'amour mais ça ne résoudra aucun problème, bien au contraire. Le lendemain, j'arrive dans la cellule d'aide aux personnes âgées isolées. Super accueil, l'équipe est vraiment géniale. J'accompagne Rodrigo et Tamara dans leur tout de la journée. Au programme de la matinée, ranger une maison (et on peut pas vraiment appeler ça une maison, c'est du 3 mètres sur 3 mètres tout au plus). Des brols et des habits partout. Parait qu'une des maladies les plus courantes ici chez les personnes âgées, c'est tout garder en croyant que de toute façon ça pourrait servir un jour.. Sans bien sur se souvenir de ce qu'on a déjà et de où ce serait ranger. Et le pire, c'est quand ils font ça avec la nourriture.. Enfin, matinée bien occupée à trier des sacs d'affaires et à ranger cette petite habitation. Ah oui, et Rodrigo m'avait donné des gants pour le faire, mais je trouvais que c'était pas si sale que ça alors je les avais enlevés. Et puis très calmement il me dit : "Tu ferais mieux de les remettre parce que dans ces sacs de vieux vêtements, il y a souvent des araignées à piqûre mortelle qui vivent". Moi qui était en short et à courtes manches, je dois avouer que j'ai bien stressé jusqu'à ce qu'on sorte enfin de cette maison. Après, on rend visite au propriétaire qui est en ce moment à l'hôpital, et en fin de journée à un autre grand-père. C'est vraiment cool leur travail, dans une chouette ambiance, ils vont rendre visite à différentes personnes, leur apporter un peu de langes et de nourriture, vérifier que tout se passe bien, et rester parler avec eux entre 15 min et 2h, ça dépend. Aujourd'hui, on était justement en train de parler depuis plus d'une heure avec ce grand père fort sympathique quand tout d'un coup tout se met à trembler. Et pas qu'un peu, du 6,3 sur l'échelle de Richter. Rodrigo se met à stresser. Il faut dire que le tremblement de 2010 et le tsunami qui a suivi n'est pas si loin, et chaque fois, que la terre se met à faire des siennes, c'est la peur qu'arrive de nouveau la même chose qui arrive. Pour ma part, j'ai trouvé ça plutôt marrant. Les jours suivants se ressemblent très forts. J'accompagne une ou deux personnes, on rend visite à toutes une séries de personnes âgées, on parle un peu avec eux et chao. Ca me fait rire, je suis chaque fois présenter comme le belge qui vient du bout du monde pour venir les voir. La pauvreté est vraiment là, et ça me fait réfléchir. J'aime pas trop non plus le fait de donner de la nourriture et des services ainsi, mais je me dis que dans certains cas, les personnes auraient vraiment du mal à lutter plus que ce qu'ils ne font déjà pour survivre. Mais bon, je crois que ça vaudrais le coup d'essayer au moins de les sortir de ce petit train train quotidien, de les amener à faire autre chose que tv toute la journée... Je passe le samedi et le dimanche chez les Jésuites, je nettoie leurs vitres, arrose leur jardin... C'est très tranquille et c'est pas pour me déplaire. Le lundi, je passe une dernière journée à aider les personnes âgées, et surprise, l'équipe d'assistants sociaux (on pourrait presque dire d'assistantes sociales parce qu'il y a un mec pour une dizaine de filles) organise un repas hotdog en guise d'au revoir. Génial! Après avoir bien profiter de ça, je rentre une dernière fois chez les jésuites avant de prendre la route le lendemain matin, direction Santiago!